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Ayuntamiento et Alderdi Eder
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Arrêt 1 sur 9 · ~7 min

Ayuntamiento et Alderdi Eder

L'hôtel de ville de Saint-Sébastien a été construit en 1887 pour devenir le Gran Casino, financant la station balnéaire jusqu'à l'interdiction des jeux en 1924. Depuis les années 1940, les conseillers municipaux siègent dans l'ancienne salle de bal, au cœur des jardins d'Alderdi Eder.

L'histoire

Bienvenue à Saint-Sébastien, ou Donostia en basque, et bienvenue pour une promenade le long de l'une des plus belles baies d'Europe. C'était autrefois une ville-forteresse exiguë, enfermée derrière des murailles militaires et sans cesse incendiée par les guerres. Puis, au fil de quelques décennies remarquables, elle s'est complètement réinventée pour devenir la capitale estivale de la royauté européenne, un lieu de casinos, de grands hôtels et de reines prenant l'air marin. Au cours des prochaines heures, nous suivrons cette transformation, bâtiment élégant par bâtiment élégant, le long de la courbe de cette baie.

Commençons ici, devant ce bâtiment imposant en pierre claire surmonté d'un dôme, situé dans un jardin au bord de l'eau. Il s'agit de l'Ayuntamiento, l'hôtel de ville de Saint-Sébastien. Regardez-le attentivement : il ne ressemble pas vraiment à un lieu où l'on traite de la paperasse administrative, n'est-ce pas ? On dirait plutôt un endroit où l'on arriverait en robe de soirée. Et c'était précisément sa fonction initiale.

Lorsque les architectes Adolfo Morales de los Ríos et Luis Aladrén ont conçu ce bâtiment au début des années 1880, pour l'achever en 1887, ils ne construisaient pas une mairie, mais le Gran Casino, le moteur étincelant de toute la station balnéaire. Voici le détail astucieux et légèrement cynique qui donne le ton : le casino a été construit pour financer la réinvention de la ville. L'idée était que les tables de jeu injecteraient de l'argent dans les caisses de Saint-Sébastien, payant ainsi les promenades, les jardins, l'assainissement et toute la machinerie nécessaire pour transformer une forteresse en terrain de jeu mondain. Le glamour était, littéralement, financé par la roulette.

Et pendant un temps, cela a très bien fonctionné. Durant la Belle Époque, ce fut l'un des plus grands salons de jeu d'Europe. Pendant la Première Guerre mondiale, alors que le continent s'entre-déchirait, l'Espagne, restée neutre, est devenue un refuge doré. Ce casino accueillait une distribution remarquable : aristocrates, marchands d'armes, révolutionnaires en exil, espions. On raconte que la danseuse et courtisane Mata Hari est passée par Saint-Sébastien. Des fortunes ont été gagnées et perdues à quelques mètres d'où vous vous tenez, sous les lustres, au son de l'orchestre.

Puis, en 1924, la fête a pris fin brutalement. La dictature de Primo de Rivera a interdit les jeux d'argent en Espagne et le cœur financier de la station a cessé de battre. Le bâtiment est resté magnifique, mais sans but, pendant deux décennies. Et voici le détail que je préfère : dans les années 1940, le conseil municipal a décidé d'y emménager. Les politiciens ont investi l'ancien temple du hasard et ont installé leur salle de plénière dans ce qui était autrefois la grande salle de bal. Aujourd'hui encore, les conseillers discutent des budgets et des permis de stationnement dans une pièce conçue pour les valses et le baccara. Lorsqu'ils votent, ils le font dans une salle de bal. C'est une ironie très propre à Saint-Sébastien : le souvenir du glamour caché juste sous la surface de la vie civique ordinaire.

Observez maintenant la verdure qui vous entoure. Ces jardins s'appellent Alderdi Eder, ce qui signifie en basque « le bel endroit ». Remarquez les arbres, en particulier les tamaris, avec leur feuillage vaporeux. Ils sont parmi les rares à prospérer près de l'air salin, raison pour laquelle ils ont été plantés ici, au bord de la mer. En été, ce jardin devient le premier rang pour l'un des grands spectacles de la ville. Lors de la Semana Grande, en août, le concours de feux d'artifice est lancé depuis les environs, et des milliers de personnes se rassemblent ici, le visage tourné vers le ciel. Un jour de calme, cela vaut la peine de l'imaginer.

Remarquez aussi l'orientation du bâtiment : vers l'ouest, le long de la baie. C'est là que réside notre histoire. Tout le renouveau de Saint-Sébastien se déroule le long de ce rivage incurvé, jusqu'au promontoire lointain où la baie rencontre l'Atlantique. C'est là que nous finirons, dans neuf étapes, là où un artiste a boulonné des peignes de fer dans la roche. Mais pour l'instant, laissez-vous porter par la promenade vers l'ouest.

Une dernière chose avant de partir. Rien de tout cela — ni le casino, ni les hôtels, ni les étés royaux — ne serait arrivé sans un événement presque accidentel : en 1845, une reine d'Espagne est venue se baigner ici sur recommandation de son médecin, pour soigner une affection cutanée. Ce plongeon royal marque le début de la seconde vie de cette ville. Gardez cela en tête : une ordonnance, un mur démoli et un casino construit pour financer l'élégance.

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