Occupation et Libération : Paris pendant la Seconde Guerre mondiale
Paris · France

Occupation et Libération : Paris pendant la Seconde Guerre mondiale

Paris, France
217
Durée (min)
12.4
Distance (km)
10
Arrêts
Moyen
Difficulté

Description

Suivez le fil de l'histoire de Paris sous l'occupation nazie, du quartier général de la Gestapo avenue Foch jusqu'aux mémoriaux de la déportation, aux musées de la Résistance et aux hauts lieux de la Libération. Ce parcours met face à face l'héroïsme et la complicité françaises, et s'achève à l'Hôtel de Ville, là où de Gaulle proclama Paris libérée.

Points forts

Le mémorial du Vel' d'Hiv, sur les lieux de la plus grande rafle de familles juives jamais menée en France Un musée de la Résistance qui retrace le parcours des 1 038 Compagnons de la Libération La descente historique du général de Gaulle sur les Champs-Élysées le jour de la Libération Le Mémorial de la Déportation, dont l'architecture a été pensée pour faire ressentir l'enfermement Le Mémorial de la Shoah et son Mur des Noms, où sont inscrits 76 000 noms

Arrêts de la visite

Quartier général de la Gestapo (Avenue Foch)
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Quartier général de la Gestapo (Avenue Foch)

4 min

Le quartier général et centre d'interrogatoire de la police secrète nazie situé sur la plus élégante avenue résidentielle de Paris. Les voisins entendaient les cris venant du sixième étage ; aujourd'hui, le bâtiment ne porte aucune trace de ce qui s'y est passé.

Site du Mémorial du Vel' d'Hiv
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Site du Mémorial du Vel' d'Hiv

4 min

Les 16 et 17 juillet 1942, la police française a procédé à la plus grande rafle de Juifs en Europe occidentale, arrêtant 13 152 personnes, dont 4 115 enfants. Ce site, où se dressait autrefois le Vélodrome d'Hiver, affronte désormais directement cette histoire à travers une sculpture commémorative et une reconnaissance historique.

Musée de l'Ordre de la Libération
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Musée de l'Ordre de la Libération

7 min

Un musée dédié au mouvement de la France libre et à la résistance armée, installé à l'Hôtel de Brienne sur l'île Saint-Louis. La collection documente l'Ordre de la Libération établi par Charles de Gaulle en 1940, honorant les réseaux de résistance, les opérations clandestines et les personnalités qui ont combattu l'occupation nazie depuis la France et l'étranger.

Champs-Élysées et Place de la Concorde
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Champs-Élysées et Place de la Concorde

5 min

Le 26 août 1944, le général de Gaulle a parcouru toute la longueur des Champs-Élysées jusqu'à la place de la Concorde devant deux millions de Parisiens, réappropriant l'avenue la plus symbolique de France après quatre ans d'occupation allemande.

Hôtel Lutetia
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Hôtel Lutetia

4 min

Autrefois quartier général de l'Abwehr pendant l'occupation, ce chef-d'œuvre Art déco est devenu un centre de rapatriement où 20 000 survivants des camps de concentration furent accueillis en 1945, un bâtiment témoin à la fois de la machine d'occupation et de l'impossible joie de la libération.

Conciergerie (Cellule de Marie-Antoinette)
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Conciergerie (Cellule de Marie-Antoinette)

6 min

La Conciergerie est un palais médiéval qui a servi de prison pendant la Révolution française et de nouveau pendant l'occupation nazie, son architecture gothique étant aujourd'hui un rappel frappant de la façon dont le pouvoir institutionnel utilise les mêmes espaces à travers les siècles pour contenir et contrôler.

Cathédrale Notre-Dame
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Cathédrale Notre-Dame

4 min

De Gaulle a assisté à une messe de Te Deum à Notre-Dame le 26 août 1944, réaffirmant l'autorité religieuse et politique française malgré les tirs de snipers provenant de membres de l'armée allemande encore actifs dans la ville.

Mémorial des Martyrs de la Déportation
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Mémorial des Martyrs de la Déportation

5 min

Un mémorial souterrain construit en 1962 par l'architecte Georges-Henri Pingusson, conçu pour commémorer les 200 000 personnes déportées depuis la France vers les camps de concentration nazis. La crypte dépouillée présente 200 000 cristaux de quartz illuminés, chacun représentant un déporté, ainsi que des urnes contenant des cendres provenant des camps.

Mémorial de la Shoah
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Mémorial de la Shoah

7 min

Le Mémorial de la Shoah documente l'Holocauste en France à travers le Mur des Noms recensant 76 000 Juifs déportés, des documents d'archives, des témoignages et des programmes éducatifs, évoluant d'une documentation privée à une institution nationale de mémoire et de responsabilité.

Hôtel de Ville et sites de la Résistance
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Hôtel de Ville et sites de la Résistance

5 min

L'Hôtel de Ville a servi de siège symbolique de la libération le 25 août 1944, où le général de Gaulle a réaffirmé l'autorité républicaine et où le gouvernement français a récupéré sa capitale après l'occupation nazie. Des impacts de balles encore visibles sur la façade du bâtiment marquent les derniers jours des combats de rue menés par les FFI (Forces françaises de l'intérieur).

Un aperçu du tour

Voici la véritable histoire de l'une des étapes de cette balade — chaque étape a la sienne.

Quartier général de la Gestapo (Avenue Foch)

Au cours des prochaines heures, nous parcourrons Paris tel qu'il existait pendant les quatre années d'occupation nazie et à travers les douloureuses complexités qui ont défini cette période. Les rues que nous traverserons racontent des histoires de résistance et de collaboration, de personnes ordinaires confrontées à des choix impossibles, et de la façon dont une ville a survécu sous une domination militaire étrangère. Cette visite ne propose pas de récits simples opposant le bien au mal, mais plutôt une réflexion honnête sur la manière dont l'occupation a transformé Paris et ses habitants. Nous commençons par les lieux de pouvoir et de contrôle allemands, pour ensuite passer par des endroits de résistance active et de souffrance pour ceux qui furent visés par la persécution et la mort. Nous rencontrerons des mémoriaux honorant les déportés, des musées documentant la lutte clandestine, et enfin l'endroit où Paris fut déclaré libre. Ces lieux portent le poids de l'histoire et les noms de personnes réelles dont les vies furent à jamais changées. En nous déplaçant dans ces espaces, nous vous invitons à réfléchir à la façon dont les gens ordinaires ont répondu à des circonstances extraordinaires, et à ce que cette histoire peut nous apprendre sur le courage, la complicité, la mémoire et la fragilité de la liberté. Tenez-vous ici sur l'avenue Foch et regardez le numéro 84. C'est un immeuble résidentiel comme un autre : grand, en pierre de taille, élégant avec la discrétion propre au 16e arrondissement. Bien entretenu. Respectable. C'est précisément ce qui le rendait utile. Lorsque les Allemands ont occupé Paris en 1940, ils n'ont pas dissimulé leur terreur dans des cachots ou des camps en périphérie de la ville. Ils l'ont intégrée ici, sur l'une des avenues les plus élégantes de Paris, dans des bâtiments où vivaient des familles, où travaillaient des domestiques, où les voisins observaient depuis leurs fenêtres. C'est le quartier général du SD, le Sicherheitsdienst, le service de renseignement et de contre-espionnage des SS. Il fonctionnait ouvertement, mais son véritable travail se déroulait derrière des portes closes. Dans les pâtés de maisons entourant cet endroit, la Gestapo et ses collaborateurs louaient plusieurs immeubles. Ils les utilisaient comme centres d'interrogatoire. Le sixième étage du 84 avenue Foch a été converti en salles de torture et en cellules. Et voici ce qui hante la géographie de cet endroit : les voisins entendaient les cris. À travers les murs, par les fenêtres, sur tout l'élégant boulevard, le son de la torture dérivait jusque dans les appartements de Parisiens ordinaires. Ils vivaient en sachant ce qui se passait au-dessus de leurs têtes. Réfléchissez un instant à cette proximité. L'oppression ne s'est pas annoncée à Paris. Elle s'est installée comme une voisine. À ce sixième étage, ils interrogeaient des agents alliés et des résistants capturés. Nous connaissons certains de leurs noms parce qu'ils sont devenus célèbres, ou parce que leur mort a été documentée. Violette Szabo, Diana Rowden, Frank Pickersgill. Ils faisaient partie du SOE — le Special Operations Executive — envoyés depuis la Grande-Bretagne pour coordonner les réseaux de résistance français. La Gestapo extrayait ce qu'elle pouvait par la torture, puis les tuait. Nous savons aussi que Jean Moulin fut amené ici. Arrêté à Lyon en juin 1943 et transféré à Paris, il fut interrogé ici par Klaus Barbie — le « Boucher de Lyon » — et un interrogateur allemand nommé Ernst Misselwitz, qui le battirent si violemment que Moulin mourut de ses blessures le 8 juillet 1943. Il avait officiellement 43 ans. Il était déjà devenu un symbole de la résistance unifiée. Il existe une autre histoire liée à cet immeuble qui révèle la psychologie du lieu. Un homme nommé Brossolette y était détenu. Après deux jours et demi d'interrogatoire, il a repris suffisamment conscience pour comprendre ce qui arrivait : il était en train de craquer. Il connaissait les noms de ses collègues, leurs réseaux, leurs planques. Plutôt que de les révéler, il s'est levé dans sa cellule du sixième étage et s'est jeté par la fenêtre. Il a choisi la mort plutôt que la trahison. Cet acte de défi est la seule dignité qui survit dans ce bâtiment. Lorsque vous passez devant le 84 avenue Foch aujourd'hui, il n'y a pas de plaque. Pas de mémorial. Pas de signe. Le bâtiment fonctionne comme un musée désormais, préservé dans sa beauté terrible. L'absence de commémoration est elle-même digne d'étude : une décision de ne pas marquer le passé, de laisser le bâtiment tel qu'il est, ordinaire et élégant, dissimulant ce qu'il contient. C'est ainsi que la répression s'ancre dans la civilisation. Pas dans les ténèbres, mais en pleine lumière, sur des biens immobiliers coûteux, derrière des fenêtres polies. La géographie de la terreur est aussi la géographie de Paris lui-même : indiscernable de lui, inséparable de lui, attendant que nous regardions de plus près et que nous nous souvenions.

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